La Silicon Valley est obsédée par le bonheur. Au point que leurs dirigeants sont de plus en plus nombreux à se faire conseiller par des philosophes, dans l’espoir de donner une bonne direction à leur vie. (http://bit.ly/2oRGjhT). Atteindre le succès professionnel ne garantirait donc pas le bonheur ? À moins que le bonheur ne devienne le nouvel avantage compétitif pour l’entreprise. Examinons, en trois articles, ce que nous dit la recherche scientifique sur le lien entre bien-être et performance.

 

La réussite professionnelle, clé du bonheur ?

La performance au travail fait l’objet de nombreuses recherches. Pourtant, le lien entre bien-être et performance demeure insuffisamment étudié. Réussir sa vie professionnelle ou avoir un niveau de revenu élevé sont des caractéristiques fortement corrélées à un niveau de bien-être élevé. Mais cela signifie-t-il que le niveau de bien-être augmente avec l’obtention d’une promotion ou l’apport d’un contrat ? De nombreuses études montrent qu’en réalité, en atteignant le succès espéré, on ne ressent pas la satisfaction attendue. En fait, le succès s’apparente à une cible en perpétuel mouvement : il ne serait ni un préalable ni un déterminant essentiel du bien-être. En réalité, en pensant que le succès apporte le bonheur, on se trompe. S’il existe bien un lien entre bien-être et performance, que la psychologie positive met en lumière et explore, c’est plutôt que le premier provoque la seconde et non l’inverse. Alors, en quoi le bien-être favorise-t-il la performance et comment développer de concert son bien-être et sa performance ?

 

Etre heureux pour réussir ?

Diverses études de psychologie positive montrent que travailler dans un état d’esprit positif augmente la performance. À l’inverse, quand on ressent des émotions négatives ou lorsqu’on subit un niveau de stress élevé, on réduit sa capacité à faire face aux défis et à mener à bien ses missions. Ce mécanisme a été théorisé par Shawn Achor, l’une des figures principales de la psychologie positive : c’est le « happiness advantage ». Il signifie qu’un cerveau positif est plus engagé, plus résilient et plus motivé. C’est aussi ce qu’a montré la neuroscientifique Alice Flaherty spécialisée dans les recherches sur la créativité : la dopamine, neuro-hormone libérée par le cerveau quand on se sent bien (sous l’effet d’une douche tiède par exemple), stimule la créativité. En effet, en provoquant une augmentation de la production de dopamine, la sensation de relaxation procurée par la douche tiède entraîne une activation du système limbique ou cerveau émotionnel, ce qui permet à l’esprit de trouver de nouvelles idées.

Autre exemple, le « Marshmallow challenge », un exercice consistant à construire en temps limité, en équipe de 3 à 4 personnes, la tour en 20 spaghettis et 1 Marshmallow la plus haute possible. Les résultats de cette expérience sont surprenants : à l’exception des architectes et des designers, les enfants de maternelle réussissent toujours mieux que les adultes. Alors que la tour moyenne des adultes mesure 50 cm et s’effondre assez rapidement, celle construite par des élèves de maternelle en fait 63 cm et se révèle plus résistante. Les croyances limitantes des adultes sont donc à l’origine d’une inhibition de la créativité.

Par ailleurs, des personnes présentant un niveau de satisfaction élevé ont une meilleure perception d’elles-mêmes et des autres. Elles sont donc plus enclines à avoir des comportements « pro-sociaux », c’est-à-dire de souci de l’autre sans attente de contrepartie. Or, plus on coopère, plus l’information circule vite. La productivité d’une organisation s’en trouve, de ce fait, améliorée. Ainsi, quand le bien-être augmente, la performance individuelle et collective augmente également.

Nous découvrirons dans le prochain article une des clés pour développer tout à la fois sa créativité, sa productivité et son bien-être.